Formation parapente P1–P2, jour 5 : théorie, météo et simulateur

Dernier jour avant les vols solo : classes EN, casque, radio, secours, vent, PTU, simulateur, lancer du secours, vol avec le moniteur, gestion du stress.

Auteur: · Pilote et moniteur PG & PPG

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Formation parapente P1–P2, jour 5 : théorie, météo et simulateur

Voici la leçon 4 d'une série de cinq pour le stage P1–P2 de Mebayluon, enseigné selon le standard de l'école (construit sur les programmes APPI et IPPI et adapté au Vietnam). Elle couvre l'étape 4 (jour 5) : théorie du vol, météo de base, préparation de l'atterrissage, simulateur en sellette et un vol avec le moniteur. C'est le dernier jour d'entraînement avant vos premiers vols solo depuis le décollage, au jour 6.

Rappel de l'étape 3. Vous avez quitté le sol au treuil à bras, volé droit à 5–7 m, piloté sur consigne et atterri sur vos pieds (voir « jour 4 : premiers vols au treuil à bras »). Aujourd'hui, pas encore de vol seul. Vous apprenez ce qu'il faut savoir avant de voler haut : le matériel qui vous protège en cas de problème, ce que dit le vent, quel chemin suivre jusqu'à l'atterrissage et quoi faire quand rien ne se passe comme prévu.

1. Le programme du jour 5

08h00–08h15Rendez-vous, échauffement, auto-contrôle santé et moral (section 6)
08h15–09h00Théorie 1 : classes EN, casque, radio, sellette et secours, matériel en main (section 2)
09h00–11h30Pratique, 2 h 30 : simulateur — s'installer dans la sellette, pilotage simulé, lancer du secours simulé (exercices 1 à 3)
11h30–13h30Déjeuner, repos
13h30–14h00Théorie 2 : météo de base, préparation du vol et PTU (sections 3–4)
14h00–15h00Pratique, 1 h : PTU à pied sur le terrain du Clubhouse, lecture du vent, perte de radio simulée (exercice 4)
15h00–17h00Pratique, 2 h : montée au décollage près du sommet du col de Khau Phạ, un vol avec le moniteur, atterrissage au Clubhouse (exercice 5)
17h00–17h30Pratique, 30 min : rejouer le vol sur le simulateur ; carnet (exercice 6), mental (pour information), briefing du jour 6
Programme type : 6 h de pratique et environ 1 h 15 de théorie. Le vol avec le moniteur peut être décalé selon le vent. Le moniteur complète les explications pendant la pratique.

2. Théorie 1 : le matériel qui vous protège

Les voiles EN A, B, C et D

Toute voile vendue passe les essais européens : EN 926-1 pour la résistance, EN 926-2 pour le comportement en vol, qui classe la voile en A, B, C ou D. Les pilotes d'essai provoquent fermetures, décrochages, vrilles… et notent la facilité avec laquelle la voile revient seule en vol normal. Plus la classe est basse, plus la voile est douce et tolérante ; plus elle est haute, plus la voile est rapide et performante, mais vive, et elle exige des réactions justes.

EN AÉlèves, jeunes pilotes, pilotes qui volent peuSécurité passive maximale, très tolérante, revient le plus souvent seule après une fermeture
EN BPilotes réguliers ; une B « basse » convient à un pilote récent qui maîtrise les basesEncore tolérante, mais classe très large : une B « haute » peut être assez vive
EN CPilotes expérimentés, stage SIV fait, beaucoup d'heuresRéactions fortes, il faut agir correctement pour revenir en vol normal
EN DPilotes très expérimentés, des centaines d'heures par anExigeante, réactions parfois violentes
Les élèves de Mebayluon volent sous voile EN A (parfois une EN B « basse » choisie par le moniteur), dans la fourchette de poids indiquée.

La fourchette de poids : limite basse et limite haute

Chaque voile porte une étiquette avec sa fourchette de poids, par exemple 75–95 kg. Ce n'est pas votre poids corporel mais le poids total volant : pilote, vêtements, chaussures, casque, gants, sellette, secours, radio, eau et (selon la plupart des fabricants aujourd'hui) la voile elle-même. L'étiquette précise si la voile est comprise : lisez toujours celle de la voile que vous volez. Exemple de calcul pour un élève :

Élève (poids corporel)68 kg
Vêtements, chaussures, casque, gants3 kg
Sellette et secours8 kg
Deux radios, eau1,5 kg
Voile EN A5 kg
Poids total volant85,5 kg
Exemple : sur une voile 75–95 kg, 85,5 kg se situe vers le milieu de la fourchette. L'équipement ajoute en général 15 à 20 kg au poids corporel.
  • Près de la limite basse (voile « grande » pour le pilote) : plus lente, freins mous, réactions paresseuses ; avance mal face au vent, recule facilement ; en turbulence, ferme plus facilement et part plus volontiers en décrochage parachutal.
  • Près de la limite haute (voile « petite ») : plus rapide, freins plus fermes et précis, meilleure pénétration, moins de fermetures ; mais taux de chute plus élevé, décollages et atterrissages plus rapides, réactions plus vives en cas de fermeture ou de décrochage. La finesse reste à peu près la même sur toute la fourchette.
  • Pourquoi l'école place l'élève entre le milieu et le tiers supérieur de la fourchette : à cette charge, une EN A est tendue, stable, assez rapide pour avancer face au vent, tout en restant douce. Trop légère, elle est paresseuse et se fait balader ; trop lourde, on touche vite. Le moniteur choisit donc la taille selon le poids total volant de chacun.
  • Hors fourchette, hors homologation : les résultats des essais EN ne valent que dans la fourchette indiquée. Plus lourd ou plus léger, l'homologation ne s'applique plus et la voile peut se comporter tout autrement qu'aux essais.

Casque

Le casque de parapente répond à la norme EN 966 (marquage CE). Il doit être ajusté, jugulaire fermée avant de s'attacher à la voile et ouverte seulement une fois la voile au sol. Il ne doit pas couvrir les oreilles : il faut entendre le vent (il indique la vitesse) et la radio. Après un choc violent, on le remplace, même s'il paraît intact.

Jugulaire fermée avant de s'attacher ; le casque laisse les oreilles libres pour entendre le vent et la radio.

Radio VHF

Lors des premiers vols, les moniteurs vous guident à la radio : l'un au décollage, l'autre à l'atterrissage. Le canal est réglé par l'école et le clavier verrouillé ; l'élève n'y touche pas. Avant de décoller, toujours un essai radio : le moniteur vous appelle, vous répondez brièvement. La radio est fixée sur la ventrale ou la bretelle, antenne vers le haut, haut-parleur près de l'oreille, batterie chargée. En vol : écouter beaucoup, parler peu, répondre seulement quand on vous interroge.

Radio fixée à la ventrale, antenne vers le haut ; l'élève boucle et vérifie sa sellette.

La sellette et son container : où se trouve le secours

La sellette (EN 1651) comporte un container qui abrite le parachute de secours plié, relié à la sellette par sa propre sangle de liaison. Il peut se trouver à quatre endroits, chacun avec ses avantages et inconvénients :

  • Sous l'assise : compact et discret, fréquent sur les sellettes école ; la poignée est en général sur le côté, hors de vue : il faut s'entraîner à la trouver à la main.
  • Ventral : poignée sous les yeux, utilisable des deux mains, lancer facile ; mais plus encombrant.
  • Dorsal : discret, mais poignée difficile à voir et à atteindre, lancer moins puissant.
  • Latéral : bien visible, mais une seule main possible et sellette déséquilibrée.

Les secours des sellettes de l'école sont repliés régulièrement (en général environ tous les 6 mois, ou selon le fabricant) et la goupille de fermeture est contrôlée avant chaque journée de vol. Le pliage et le montage sont détaillés dans parachute de secours : pliage et montage. Pour l'élève, l'essentiel : savoir où se trouve la poignée de la sellette que l'on porte, et la toucher lors de la vérification avant chaque vol.

La poignée de secours (rouge) sur le côté de la sellette : atteignable immédiatement sans lâcher l'autre frein.

Comment lancer le secours

On lance le secours quand la voile ne vole plus et ne revient pas : collision en vol, voile emmêlée impossible à démêler, twist avec rotation, spirale sans hauteur pour attendre. La règle des pilotes : dans le doute, on lance. Il n'y a pas de hauteur minimale interdite ; descendre sous secours vaut toujours mieux que sous une voile incontrôlée. Quatre étapes :

  • Regarder : baisser les yeux pour trouver la poignée (même si la voile tourne fort).
  • Saisir : empoigner franchement la poignée.
  • Tirer : tirer fort dans le sens où le pod est entré dans le container (en général vers l'extérieur et le haut), pour sortir tout le pod.
  • Lancer : lancer fort et loin dans l'air libre, à l'écart de la voile ; en rotation, vers l'extérieur du sens de rotation. Puis lâcher la poignée.

Une fois le secours ouvert : la voile peut continuer à voler contre lui et vous faire tomber plus vite. Il faut neutraliser la voile : tirer les deux élévateurs arrière (C) ou ramener les freins à soi jusqu'à ce qu'elle ne vole plus. Ensuite, se tenir droit, jambes serrées, regard sur le sol devant, prêt pour un roulé-boulé comme au jour 4.

Le secours est ouvert ; la voile a été neutralisée et ne vole plus.

Attention : les élèves P1–P2 ne volent qu'en conditions calmes sous voile EN A ; le risque de devoir lancer est donc très faible. Mais en situation réelle, on n'a que quelques secondes : on s'entraîne au simulateur jusqu'à ce que regarder – saisir – tirer – lancer devienne un réflexe.

3. Théorie 2 : météo de base

Nom et direction du vent

Le vent porte le nom de la direction d'où il vient : un vent d'est souffle de l'est. Au décollage, on le nomme par rapport à la pente : vent de face dans l'axe du décollage (bon pour décoller), vent arrière venant de derrière la pente (pas de décollage), vent de travers en biais. Le côté d'où vient le vent est au vent ; celui vers lequel il souffle est sous le vent.

Lire la manche à air et les flammes : le vent souffle du mât vers la queue de la manche. Manche pendante = vent faible, manche à l'horizontale = vent fort ; une manche qui change sans cesse de direction ou qui se gonfle puis retombe = rafales. Faites confiance à la manche et aux flammes, pas à votre impression ni à un bras tendu.

Le terrain du Clubhouse : les drapeaux indiquent la direction et la force du vent pendant qu'un élève s'entraîne au gonflage.

Force du vent : ce qu'un élève peut voler

Sur le site, les pilotes de Mebayluon lisent le vent en m/s (1 m/s = 3,6 km/h) et utilisent cinq niveaux :

moins de 2 m/s (moins de ~7 km/h)faibleVolable s'il est régulier ; la course d'envol est plus longue et rapide
2–4 m/s (7–15 km/h)modéréIdéal pour les premiers vols
4–6 m/s (15–22 km/h)assez fortPour pilotes expérimentés ; pas de vol élève à partir d'environ 5 m/s (18 km/h)
6–8 m/s (22–29 km/h)fortPas de vol
plus de 8 m/s (plus de 29 km/h)très fortOn plie, personne ne vole
Échelle de vent de Mebayluon. La décision de voler revient toujours au moniteur sur place.

Les rafales comptent autant que la force. Un vent régulier de 4 m/s est plus facile qu'un vent qui varie entre 1 et 4 m/s. Si la force varie d'environ 2–3 m/s (8–10 km/h) en quelques secondes, ou si la direction tourne de plus de 30°, l'élève ne vole pas. Nuages sombres, rideau de pluie au vent, tonnerre : c'est l'orage — on atterrit ou on ne décolle pas, car un fort coup de vent précède la pluie.

Turbulences derrière les obstacles

Le vent qui passe sur des arbres, des bâtiments ou une colline se brise en tourbillons sous le vent de l'obstacle (rotor), comme l'eau derrière un rocher. La zone turbulente s'étend sur environ 10 fois la hauteur de l'obstacle, davantage par vent fort : environ 150 m derrière une haie de 15 m. N'y volez pas bas et n'y atterrissez pas. Près du sol, le vent faiblit aussi (gradient) : en descendant, la voile perd un peu de vitesse ; gardez les bras hauts jusqu'à l'arrondi. À lire : comprendre le vent en parapente et la météo du pilote : les turbulences (en anglais).

Pourquoi décoller et atterrir face au vent

La voile vole dans la masse d'air. La vitesse air est la vitesse de la voile par rapport à l'air : une voile de classe A, bras hauts, vole à environ 36 km/h quel que soit le vent. La vitesse sol est la vitesse air plus ou moins le vent. Exemple avec un vent de 10 km/h :

  • Face au vent : 36 − 10 = 26 km/h par rapport au sol.
  • Vent arrière : 36 + 10 = 46 km/h par rapport au sol.

La force d'impact croît avec le carré de la vitesse : toucher le sol à 46 km/h, c'est environ (46 ÷ 26)² ≈ 3 fois plus dur qu'à 26 km/h. Au décollage, même logique : la voile a besoin de vitesse air ; face au vent, le vent en fournit une partie, on court moins et on décolle plus tôt ; vent arrière, il faudrait d'abord courir plus vite que le vent, impossible. D'où la règle : décoller et atterrir toujours face au vent.

4. Préparer le vol et la PTU

Chaque vol se prépare au sol, avant de monter au décollage. À Khau Phạ, le décollage est près du sommet du col (1 268 m, au bord de la nationale 32) ; l'atterrissage est le terrain du Mebayluon Clubhouse, dans la vallée. Le trajet entre décollage et atterrissage dépend des conditions du jour : le moniteur vous guide et vous parle directement à la radio. Autour du terrain : maisons, route, clôtures et poteaux, le Clubhouse avec de grands arbres et un mât, un bâtiment bas, et un ruisseau aux berges empierrées. Le plan comprend :

  • Le vent à l'atterrissage maintenant : direction, force, rafales (manche à air, moniteur en bas).
  • Le sens d'atterrissage (face au vent) et la cible (point visé) sur le terrain.
  • La zone de perte d'altitude à côté du terrain et la PTU prévue.
  • Obstacles autour du terrain, zone turbulente derrière arbres et bâtiments, et un terrain de secours si l'on n'atteint pas le terrain principal.
  • Vous répétez tout le plan au moniteur, qui corrige si besoin.

La prise de terrain en U

Voici la PTU standard APPI, en forme de U. Les hauteurs ci-dessous sont approximatives, au-dessus du terrain, et dépendent du vent et des consignes du moniteur en bas :

  • Zone de perte d'altitude : arriver avec de la marge, voler à côté du terrain (jamais à la verticale de la cible), perdre de la hauteur en 8 ou en virages en S, chaque virage tourné vers le côté au vent pour ne pas dériver au-delà du terrain.
  • Vent arrière : entrée vers 60 m, parallèle à l'axe d'atterrissage, dans le sens du vent, décalé du terrain ; la vitesse sol est élevée, ne soyez pas surpris.
  • Étape de base : virer à 90° vers 40 m et passer en travers du côté sous le vent du terrain. Trop haut : rallonger ; trop bas : tourner plus tôt.
  • Finale : virer face au vent vers 25 m, voler droit, bras hauts, debout dans la sellette, regard au loin vers la cible. En dessous, ni virages en S ni virages serrés. Vers 1 m du sol, ou à l'ordre « Freine » : freins à 100 %, poser les pieds et courir quelques pas.

Scénario 1 : vent qui remonte vers le décollage (de la vallée vers la montagne ; au Clubhouse, en général un vent du nord). Rejoindre le terrain, c'est voler face au vent : on avance lentement, arrivez avec de la marge. La zone de perte d'altitude est à côté du terrain ; la branche vent arrière va vers la montagne (vers le décollage), vitesse sol élevée ; la finale est tournée vers la vallée, face au vent.

Vent qui monte vers le décollage (vent du nord ≈ 354°) : PTU main gauche selon l'APPI au terrain du Mebayluon Clubhouse, col de Khau Phạ. Perte d'altitude en huit au nord-ouest du terrain (1), vent arrière le long du côté ouest (2), étape de base au sud (3), finale vers le nord face au vent jusqu'au point visé (4). Entrée dans la PTU à ≈ 60 m, virage en base à ≈ 40 m, virage en finale à ≈ 25 m.

Scénario 2 : vent qui descend du décollage (de la montagne vers la vallée ; au Clubhouse, en général un vent du sud). Vous volez vent arrière jusqu'au terrain, arrivez vite et encore haut : perdez de l'altitude tôt et ne vous laissez pas pousser trop loin sous le vent. La branche vent arrière part vers la vallée ; la finale est tournée vers la montagne, face au vent. Gardez toujours le terrain à portée en revenant face au vent.

Vent qui descend du décollage (vent du sud ≈ 174°) : PTU main droite selon l'APPI au terrain du Mebayluon Clubhouse, col de Khau Phạ. Perte d'altitude en huit au sud-ouest du terrain (1), vent arrière vers le nord le long du côté ouest (2), étape de base le long de la clôture nord (3), finale vers le sud face au vent jusqu'au point visé (4). La PTU est main droite pour rester au-dessus des rizières dégagées, loin du ruisseau et du Clubhouse à l'est.

Mieux vaut trop haut que trop bas : avec de la marge, rallongez la branche vent arrière ou ajoutez un 8 dans la zone de perte d'altitude ; trop juste, raccourcissez et virez en finale plus tôt, ou posez-vous droit devant dans un champ dégagé face au vent. Plus de détails : technique d'atterrissage.

Le schéma débutant : des 8 sous le vent, puis droit vers le terrain

Pour les premiers vols solo, Mebayluon utilise un schéma plus simple que la PTU en U, et le moniteur en bas guide chaque étape à la radio :

  • Gardez de la hauteur en route et rejoignez la zone de perte d'altitude sous le vent du terrain (jamais au-dessus).
  • Faites des 8 à cet endroit, chaque virage vers le côté au vent, d'environ 60 m jusqu'à environ 25 m.
  • Vers 25 m, virez face au vent et volez droit vers le terrain : bras hauts, debout dans la sellette, arrondi vers 1 m du sol.
Modèle débutant par vent qui monte vers le décollage (vent du nord) : huit pour perdre de l'altitude sous le vent du terrain, au-dessus de la rizière au sud de la cabane au toit-drapeau, de ≈ 60 m à ≈ 25 m (1), puis virage face au vent et vol droit sur environ 100 m le long du terrain jusqu'au point visé (2). Le moniteur au terrain guide à la radio.
Modèle débutant par vent qui descend du décollage (vent du sud) : sous le vent, il n'y a que la route, des maisons et le Clubhouse, donc les huit se font au-dessus de la rizière inondée à l'angle nord-ouest, de ≈ 60 m à ≈ 25 m (1), puis une finale droite légèrement en biais d'environ 100 m, nez orienté vers le vent, jusqu'au point visé dans la moitié ouest du terrain (2). Le moniteur au terrain guide à la radio.

C'est la méthode de l'école pour les premiers vols, pas la PTU standard APPI. Une fois à l'aise, vous passez à la PTU en U ci-dessus.

Éviter les obstacles

  • Décidez tôt. Regardez là où vous voulez aller, pas l'obstacle : on vole là où l'on regarde.
  • Ne survolez pas bas les arbres, bâtiments, le ruisseau ou les routes ; ne vous posez pas juste derrière une rangée d'arbres au vent.
  • Si le terrain principal est hors de portée, choisissez le champ dégagé le plus large devant vous, face au vent, loin des lignes, arbres et de l'eau. Un atterrissage sûr ailleurs n'est pas un échec.
  • Arrivée dure (descente rapide, rafale) : jambes serrées, genoux légèrement fléchis et roulé-boulé comme au jour 4.

Atterrir sans contact radio

Une radio muette ou inaudible n'est pas une urgence : la voile vole normalement. Procédez ainsi :

  • Suivez le plan convenu au sol : même zone de perte d'altitude, même PTU, même point visé.
  • Lisez la manche à air d'en haut pour confirmer le sens d'atterrissage ; si le vent a tourné, posez-vous selon la manche, pas selon l'ancien plan.
  • Oubliez la précision ; choisissez la partie du terrain la plus large et dégagée et posez-vous face au vent.
  • Redressez-vous tôt dans la sellette, prêt au roulé-boulé. Ne lâchez pas les freins pour manipuler la radio quand vous êtes bas.
  • Une fois au sol, affalez la voile, levez le bras pour signaler que tout va bien, puis vérifiez la radio.

5. Six exercices

Le simulateur de Mebayluon est un portique sous l'auvent du Clubhouse : vous enfilez la sellette, vous vous attachez au portique comme à la voile et vous êtes suspendu au-dessus du sol, freins en main. Tout se fait exactement comme en vol.

Bien piloter, et le décrochage

Piloter = sellette + frein du même côté. Pour tourner, regardez d'abord dans le virage, chargez la sellette du côté voulu (poids sur la fesse intérieure), puis tirez le frein de ce côté doucement et progressivement. Le report de poids fait tourner la voile proprement avec peu de frein. Toutes les actions sont souples et progressives, jamais brusques.

Pas de frein profond tenu au niveau des mousquetons. Le vol droit et les virages doux ne demandent que peu ou moyennement de frein, mains à hauteur d'épaules ou au-dessus. Ne tirez jamais profond en maintenant les freins au niveau des mousquetons ou plus bas : la voile ralentit jusqu'au décrochage. Profond et tenu d'un seul côté, ce côté peut décrocher pendant que l'autre vole encore, et la voile tourne sur elle-même : c'est la vrille (spin). Profond des deux côtés : décrochage complet.

Qu'est-ce que le décrochage. Quand la voile vole trop lentement (incidence trop grande), l'écoulement se décolle de l'extrados, la voile perd sa portance, part en arrière et tombe. Signes d'un décrochage imminent :

  • Le bruit du vent autour du casque diminue nettement, presque le silence.
  • Les freins durcissent puis deviennent soudain mous et flous ; la voile répond mollement.
  • La voile semble reculer derrière la tête et vous vous enfoncez.

Pourquoi c'est si dangereux près du sol : une voile décrochée perd beaucoup de hauteur et a besoin de hauteur pour revoler ; près du sol, il n'y en a pas. Prévention : bras hauts ou très peu de frein en turbulence et en finale ; ne freinez pas davantage quand la voile est déjà lente, ni vent arrière quand le sol défile vite (c'est la vitesse sol ; la vitesse air n'a pas changé).

Si vous sentez venir le décrochage : remontez les deux mains de façon symétrique et souple pour que la voile reprenne de la vitesse. Si la voile est complètement décrochée (partie franchement en arrière), ne relâchez pas les freins d'un coup : elle abattrait violemment vers l'avant ; en hauteur, suivez les consignes radio du moniteur. Les élèves P1–P2 ne s'exercent jamais au décrochage ; décrochage et vrille relèvent d'un stage SIV ultérieur.

Attention : le seul moment où un freinage profond et complet est juste, c'est l'arrondi : vers 1 m du sol, freins à 100 %, puis bien sur ses jambes et courir.

Exercice 1. S'installer dans la sellette au simulateur

  • But : s'asseoir après le décollage sans tirer ni lâcher les freins ; trouver une position de vol confortable.
  • Déroulement : suspendu debout comme juste après l'envol → freins bras hauts → s'enfoncer dans la sellette avec les jambes et le bassin, sans les mains → assis droit, regard loin → « Debout » : sortir de l'assise, pieds décalés comme à l'atterrissage.
  • Répétitions : 8 à 10 fois.
  • À éviter : baisser les mains en s'asseyant ; regarder ses pieds ; s'asseoir trop tôt, avant d'être dégagé du décollage.
  • Validé quand : 3 enchaînements assis-debout corrects d'affilée, mains stables bras hauts.
Le simulateur sous l'auvent du Clubhouse : suspendu dans la sellette, l'élève imite le moniteur, bras hauts comme en vol droit.

Exercice 2. Pilotage simulé

  • But : répéter les gestes d'un premier vol : virages, bras hauts, se redresser, arrondi.
  • Déroulement : le moniteur lit les consignes comme à la radio → « Gauche » / « Droite » : regarder d'abord dans le virage, se pencher légèrement de ce côté et tirer ce frein d'environ un quart, puis relâcher → « Cao tay » (bras hauts) → toute la PTU à voix haute : « vent arrière… virage à gauche… finale » → « Debout » → « Freine ».
  • Répétitions : 2 à 3 PTU complètes, au moins une par scénario de vent.
  • À éviter : tirer un frein sans regarder dans le virage ; tirer trop fort ou trop longtemps ; arrondir trop haut.
  • Validé quand : toutes les consignes justes sur 2 PTU d'affilée, en nommant chaque branche.
Pilotage simulé : le moniteur montre le report de poids, l'élève suit en freinant du même côté.

Exercice 3. Lancer du secours simulé

  • But : faire de regarder – saisir – tirer – lancer un réflexe, en 3 secondes environ.
  • Déroulement : suspendu au simulateur dans une sellette équipée d'un container d'entraînement (jamais votre vrai secours) → mains aux freins, yeux fermés ou vers le haut → le moniteur crie « Secours ! » sans prévenir, en balançant ou tournant parfois la sellette → regarder – saisir – tirer – lancer vers l'espace indiqué → les deux mains miment la neutralisation de la voile (élévateurs C) → droit, jambes serrées, prêt au roulé-boulé.
  • Répétitions : 5 à 6 fois, sellette immobile puis en rotation.
  • À éviter : chercher la poignée sans regarder ; tirer de travers et bloquer le pod ; lancer mou ou vers la voile ; oublier de neutraliser la voile.
  • Validé quand : 3 fois d'affilée, les quatre étapes en 3 secondes environ, voile neutralisée.
Le moniteur pousse et fait tourner la sellette au simulateur pour entraîner les réflexes en position instable.

Exercice 4. La PTU à pied au Clubhouse

  • But : voir sur place le point visé, la zone de perte d'altitude, les obstacles et les deux scénarios de vent avant de voler.
  • Déroulement : lire la manche, annoncer direction et force du vent → placer le point visé → marcher la branche vent arrière, virer en base, virer en finale et s'arrêter au point, en nommant chaque branche à voix haute → recommencer avec l'autre scénario → faire aussi le schéma débutant : des 8 sous le vent, puis droit vers le terrain → le moniteur demande : « ta radio se tait en vent arrière, que fais-tu ? ».
  • Répétitions : au moins 2 PTU, une par scénario.
  • À éviter : une finale vent arrière ; une PTU qui passe au-dessus d'un obstacle ; oublier le terrain de secours.
  • Validé quand : deux PTU justes, obstacles identifiés, bonne réponse sur la perte de radio.

Exercice 5. Un vrai vol avec le moniteur

  • But : voir d'en haut tout le vol du lendemain : décollage, trajet, zone de perte d'altitude, PTU et terrain ; sentir une voile en air réel.
  • Déroulement : le moniteur pilote un parapente biplace, vous êtes devant → avant le décollage, vous répétez le plan de vol → en vol, le moniteur montre chaque repère : terrain, manche à air, zone de perte d'altitude, branches de la PTU → en air calme, il peut vous confier les freins un moment → vous vous redressez et atterrissez ensemble au Clubhouse.
  • Répétitions : 1 vol.
  • À éviter : admirer le paysage sans observer le trajet ; ne pas oser poser de questions.
  • Validé quand : après l'atterrissage, vous redessinez correctement le trajet et la PTU.

Attention : le vol avec le moniteur n'a lieu que si le vent convient ; sinon il est déplacé plus tard dans la journée ou au lendemain matin.

Exercice 6. Carnet et contrôle oral

  • But : consolider toute la théorie avant le jour des vols solo.
  • Déroulement : noter le vol avec le moniteur et dessiner la PTU pour les deux scénarios → le moniteur interroge au hasard : classe de votre voile, emplacement de la poignée, vent maximal, pourquoi atterrir face au vent, que faire sans radio.
  • Répétitions : en fin de journée.
  • À éviter : réciter sans comprendre pourquoi.
  • Validé quand : toutes les réponses justes et carnet signé par le moniteur.

6. Gérer le trac, la pression et le stress (pour information)

Le soir du jour 5, presque tous les élèves ont le trac. Un peu de peur est utile : elle rend prudent. C'est la panique ou la paralysie qui est dangereuse. Cette section est une lecture complémentaire, pas une évaluation.

  • Auto-contrôle avant le vol (IMSAFE) : maladie, médicaments, stress, alcool, fatigue, émotions. Si un point ne va pas, dites-le au moniteur. Même une bière la veille compte.
  • Respirer lentement, dire les étapes à voix haute. Quand le cœur s'emballe : quelques longues expirations lentes, puis chaque vérification à voix haute comme au jour 4. Parler fixe l'esprit sur la tâche.
  • Visualiser. Ce soir, fermez les yeux et volez mentalement le vol de demain : vérifications, gonflage, course, installation, trajet, PTU, atterrissage. Qui l'a « volé » plusieurs fois en pensée est plus serein.
  • Aucune obligation de voler. « C'est le dernier jour », « tout le groupe a volé », « je suis venu de loin » : ce sont ces pressions qui font prendre de mauvaises décisions. Si la météo ou la forme ne vont pas, on vole un autre jour ; le stage prévoit des jours de réserve pour cela.

La formation aéronautique décrit aussi cinq attitudes qui mènent aux accidents. Se surprendre à penser ainsi, c'est déjà être beaucoup plus en sécurité :

Rejet des règles« On ne me dit pas quoi faire »« Je suis la procédure »
Impulsivité« Vite, on y va »« Doucement, je réfléchis d'abord »
Invulnérabilité« Ça ne m'arrivera pas »« Ça peut m'arriver »
Excès de confiance« Je peux le faire, regardez »« Prendre des risques, c'est idiot »
Résignation« À quoi bon ? »« Je peux changer l'issue »
Cinq attitudes dangereuses et leurs antidotes (pour information).

Et surtout : vous avez toujours le droit de dire « je ne suis pas prêt ». Les moniteurs de Mebayluon ne vous feront jamais voler dans le doute.

7. Critères de sortie de l'étape 4

Le moniteur vérifie chaque ligne et signe le carnet. Ce n'est qu'une fois tout validé que vous passez au jour 6.

1Indique la classe EN de sa voile et pourquoi les élèves volent en EN AOral
2Casque mis et attaché, essai radio correctExercice 5
3Trouve la poignée de secours de sa sellette sans chercherExercice 3
4Lancer simulé en quatre étapes en 3 s environ, voile neutralisée : 3 foisExercice 3
5S'installe et se redresse correctement sans tirer ni lâcher les freinsExercices 1–2
6Lit la manche : direction, force, volable ou nonExercice 4
7Explique la vitesse sol face au vent et vent arrière avec un exemple chiffréOral
8PTU en U correcte pour les deux scénarios et schéma débutant au Clubhouse ; sait quoi faire sans radioExercice 4
9Effectue le vol avec le moniteur et redessine correctement le trajetExercice 5
10Attitude : auto-contrôle de la forme, ose dire s'il n'est pas prêtToute la journée
Critères de sortie de l'étape 4 chez Mebayluon.

8. Demain : vos premiers vols solo

L'étape 4 validée, vous avez tout ce qu'il faut pour le jour 6 : votre premier grand vol, en décollant seul près du sommet du col de Khau Phạ, avec un moniteur au décollage et un autre qui vous guide à la radio depuis l'atterrissage. Ce soir : bien manger, se coucher tôt, préparer son matériel et « voler » ce vol une fois en pensée.

Envie de suivre ce parcours ? Découvrez le stage accéléré P1–P2 (5 à 7 jours) à Khau Phạ, ou réservez et posez vos questions à un moniteur.

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La série du stage P1–P2 :

Questions fréquentes

Vole-t-on seul au jour 5 ?

Non. Au jour 5, on fait de la théorie, du simulateur et un vol avec le moniteur. Les premiers vols solo ont lieu au jour 6, une fois l'étape 4 validée.

Où se trouve le secours de l'élève ?

Dans le container de la sellette, en général sous l'assise ou en ventral. Chaque sellette a sa propre position de poignée ; le moniteur vous la montre sur la vôtre et vous la touchez avant chaque vol.

Avec quel vent un élève peut-il voler ?

L'idéal : un vent régulier de 2–4 m/s (7–15 km/h). À partir d'environ 5 m/s (18 km/h), ou avec de fortes rafales ou un vent qui tourne, pas de vol élève. La décision finale revient au moniteur sur place.

Et si je perds le contact radio en vol ?

La voile vole normalement. Suivez le plan convenu au sol, lisez la manche à air, choisissez la partie la plus large et dégagée du terrain et posez-vous face au vent, prêt au roulé-boulé.

À quoi sert le vol avec le moniteur au jour 5 ?

Pour voir d'en haut le trajet, la zone de perte d'altitude et la PTU du lendemain, et sentir une voile en air réel avant de voler seul.


Ce livret Mebayluon couvre l'étape 4 et ne remplace pas la formation avec un moniteur. Pour réserver le stage P1–P2 à Khau Phạ : apprendre le parapente au Vietnam.

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