Voici la leçon 5, la dernière d'une série de cinq pour le stage P1–P2 de Mebayluon, enseigné selon le standard de l'école (construit sur les standards IPPI et APPI et adapté au Vietnam). Elle couvre l'étape 5 (jour 6) : le jour du grand vol. Aujourd'hui, vous décollez seul près du sommet du col de Khau Phạ, volez seul jusqu'à la vallée et atterrissez au terrain du Mebayluon Clubhouse : le premier vol solo de votre vie.
Rappel de l'étape 4. Vous connaissez votre matériel et votre secours, savez lire le vent, préparer un vol et une PTU, vous êtes passé au simulateur et avez volé une fois avec le moniteur (voir « jour 5 : théorie, météo et simulateur »). Rien de nouveau aujourd'hui : vous refaites exactement ce que vous avez travaillé, étape par étape, dans les conditions les plus sûres possibles.
1. Le programme du jour 6
| Horaire | Contenu |
|---|---|
| 06h30–07h15 | Lever, petit-déjeuner léger, détente, auto-contrôle (section 2) |
| 07h15–07h45 | Briefing au Clubhouse : météo, plan de vol, PTU, radios ; l'élève répète le plan |
| 07h45–08h45 | Pratique : montée au décollage, vérifications standard, lecture du vent, préparation de la voile, contrôle croisé (section 4) |
| 08h45–11h00 | Pratique : créneau de vol du matin : votre premier vol solo — décollage, vol jusqu'au terrain et atterrissage (sections 5–6) |
| 11h00–11h30 | Pliage, débriefing de chaque vol, carnet |
| 11h30–13h30 | Déjeuner, repos (pas de vol en milieu de journée) |
| 13h30–15h30 | Pratique : gonflages et affalages au Clubhouse et simulateur, correction des erreurs du vol du matin |
| 15h30–17h30 | Pratique : un second vol dans l'air calme de fin d'après-midi (si le moniteur le juge possible) ; sinon travail au sol. Bilan de la journée |
2. Le matin : se préparer pour le grand jour
Le jour 6 est la « remise de diplôme » de vos journées d'entraînement : le premier vol solo de votre vie. Le trac est normal. Le but du matin : retrouver un esprit calme et alerte.
- Dormir assez, petit-déjeuner léger, boire de l'eau. Pas d'alcool depuis la veille au soir.
- Faire un tour du terrain, regarder la manche à air, revoir la zone de perte d'altitude et le point visé.
- Fermer les yeux et « voler » le vol une fois en pensée : vérifications, gonflage, course, installation, plané, PTU, atterrissage.
- Auto-contrôle de la santé et du moral. Si quelque chose ne va pas, dites-le ; le stage a des jours de réserve et personne ne vous oblige à voler aujourd'hui.
Briefing. Au Clubhouse, le moniteur présente la météo du jour, les horaires, le vent attendu au terrain et la PTU prévue. Vous répétez tout le plan : trajet, zone de perte d'altitude, PTU, point visé, terrain de secours, et que faire si la radio lâche.
3. Conditions d'un premier vol : la sécurité au maximum
Le premier vol solo n'a lieu que si toutes les conditions ci-dessous sont réunies. S'il en manque une, on attend ou on reporte :
- Une voile EN A dans sa fourchette de poids, et une sellette avec un secours contrôlé.
- Vent modéré et régulier, de face au décollage, environ 2–4 m/s ; sans rafales ni changements de direction.
- Le terrain est visible depuis le décollage ; ni nuage ni brume sur le trajet.
- Air calme, sans turbulences : pas de thermiques forts, pas d'orage dans le secteur.
- Pas de vol en milieu de journée : le matin, ou en fin d'après-midi quand l'air est redevenu calme.
- Les deux moniteurs en place : l'un au décollage, l'autre à l'atterrissage ; les trois radios testées.
Ce que l'élève emporte
- Deux radios sur le canal de l'école : l'une fixée à la ventrale près de l'oreille, l'autre en réserve dans une poche de la sellette. Batteries pleines.
- Casque jugulaire fermée, gants, chaussures montantes bien lacées (lacets rentrés), manches et pantalon longs.
- Sellette avec secours, voile EN A de l'école, eau, téléphone avec les numéros des deux moniteurs.
4. Au décollage : matériel, météo, plan d'atterrissage
Le décollage de Khau Phạ se trouve près du sommet du col, à 1 268 m, au bord de la nationale 32. Une fois sur place, ne vous pressez pas : prendre le temps d'observer et de se préparer est la partie la plus importante du vol. Le décollage longe la nationale : portez votre matériel prudemment, attention aux véhicules, et n'étalez jamais la voile au bord de la route.
- Vérification standard : voile (suspentes démêlées, pas de déchirure), sellette (boucles, mousquetons), secours (goupille, poignée en place), casque, gants, chaussures.
- Dernier point météo : manche à air et flammes au décollage, force du vent, rafales ; regard vers l'atterrissage : manche, nuages, brume.
- Revoir le terrain et la procédure : montrer du doigt le terrain, la zone de perte d'altitude (des 8 sous le vent), l'axe d'arrivée droit et la cible ; rappeler le terrain de secours.
- Essai radio, équipement : allumer les deux radios, essai avec le moniteur du décollage et celui de l'atterrissage ; enfiler la sellette, cuissardes d'abord, ventrale ensuite ; casque, gants.
- Préparer la voile et double vérification : voile étalée en arc face au vent, suspentes dégagées, puis connectée à la sellette. Vous faites vos vérifications, puis le moniteur reprend chaque point (contrôle croisé).
5. Deux moniteurs et la radio
Le moniteur du décollage est à côté de vous : contrôle croisé, essai radio, conseils pour le gonflage et la course, et décision du moment de partir. Un second moniteur attend à l'atterrissage : il annonce le vent en bas, garde le contact et vous guide à la radio du décollage jusqu'au toucher des pieds. Les messages sont courts, clairs et commencent toujours par votre prénom. Une séquence type :
| Moment | Le moniteur dit | Élève |
|---|---|---|
| Avant le décollage | « [Prénom], ici l'atterrissage, tu me reçois ? » · « Vent en bas … m/s, atterrissage vers … » | « [Prénom], je te reçois. » Répète le sens d'atterrissage. |
| Juste après l'envol | « Bien. Bras hauts, regarde devant. » · « Regarde ta voile. » · « Installe-toi. » | Exécute ; pas besoin de répondre. |
| En route | « Va vers … » (le moniteur donne la direction selon les conditions du jour) · « Un peu à gauche… ça suffit. » | Petite correction sur consigne, puis relâcher. |
| Zone de perte d'altitude | « Entre dans la zone de perte d'altitude, fais des 8. » · « Virage à gauche… tout droit… à droite. » | Des 8 sous le vent du terrain, chaque virage vers le côté au vent. |
| Vers le terrain | « Bonne hauteur, vire face au vent, droit vers le terrain. » · « Bras hauts. » | Vire face au vent vers 10 m, vole droit, se redresse dans la sellette. |
| Avant de toucher | « Debout. » · « Freine ! » | Se redresse, freins à 100 %, pose, court, affale. |
Attention : en cas de perte de contact, suivez le plan convenu, comme dans la partie PTU du jour 5 : lisez la manche, choisissez la partie la plus large du terrain et posez-vous face au vent. Les deux radios sont allumées sur le même canal avant le décollage : si la principale tombe en panne en vol, vous entendez encore le moniteur sur la seconde ; ne lâchez jamais les freins pour manipuler une radio près du sol.
6. Le vol, étape par étape
Gonflage, ligne de décision et course
- Gonfler en dos voile ou face voile selon le vent (l'élève P1–P2 n'a besoin d'en maîtriser qu'une). Voile au-dessus : la regarder une fois — bien gonflée, centrée, suspentes nettes.
- La ligne de décision (ligne d'arrêt) : le moniteur vous montre un repère sur la course. Avant la ligne, vous devez avoir contrôlé la voile : si elle n'est pas bonne (décentrée, bout d'aile fermé, suspente prise) ou si vous n'avez pas eu le temps de la regarder, vous interrompez aussitôt, comme à l'entraînement. Arrivé à la ligne avec tout en ordre, vous êtes engagé : courez franchement, sans vous arrêter à mi-chemin.
- La course : en appui dans la sellette, grandes foulées, courir jusqu'à ce que les pieds quittent le sol et « courir » encore quelques pas en l'air. Ne pas sauter dans la sellette.
- Freiner si besoin : si la voile vous dépasse, une brève action symétrique sur les freins pour la retenir, puis relâcher.
- Si la voile bouge juste après l'envol ou dans de l'air agité : cao tay (bras hauts) pour qu'elle garde sa vitesse et se stabilise seule, regard devant.
S'éloigner, regarder la voile, s'installer
Quittez le décollage tout droit, loin du relief, au cap indiqué par le moniteur. Une fois bien dégagé, regardez la voile une fois : bien gonflée, bouts d'aile ouverts, suspentes nettes. Ensuite, installez-vous comme au simulateur : en poussant le bassin au fond de la sellette, sans tirer sur les sangles ni lâcher les freins. Ne vous asseyez pas tant que vous êtes encore près du sol au décollage.
Vers le terrain, guidé par le moniteur
Le trajet entre décollage et atterrissage dépend des conditions du jour : le moniteur vous guide et vous parle directement à la radio. Bras hauts, suivez le cap qu'il vous donne vers le terrain du Mebayluon Clubhouse. Observez en volant : repères, terrain, manche à air, autres voiles. Ne vous laissez pas absorber par le paysage ; vous aurez bien d'autres vols pour l'admirer.
Attention : pilotez à la sellette avec un léger frein du même côté, relâché dès que le cap est pris. Ne tirez jamais profond en maintenant les freins au niveau des mousquetons ou plus bas (risque de décrochage). Gardez cao tay (bras hauts) pendant toute la finale droite ; freins à fond seulement à l'arrondi, vers 1 m du sol.
Des 8 pour perdre de l'altitude, droit vers le terrain, atterrissage
Le premier vol solo utilise le schéma débutant : rejoindre la zone de perte d'altitude sous le vent du terrain (jamais au-dessus), faire des 8 sur consigne du moniteur en bas, 70–100 m de chaque côté, chaque virage vers le terrain, sans jamais lui tourner le dos, les yeux sur la cible. Vers 10 m, le moniteur annonce le virage : vous virez face au vent et volez droit vers le terrain, bras hauts, debout dans la sellette, regard vers la cible. Vers 1 m du sol, ou à l'ordre « Freine » : freins à 100 %, posez les pieds, courez quelques pas, affalez. Puis levez le bras pour dire que tout va bien. Les schémas pour les deux directions de vent au Clubhouse sont dans la partie PTU du jour 5 ; la PTU en U viendra quand vous serez à l'aise.
Si quelque chose ne se passe pas comme prévu
- Petite fermeture d'un côté : regardez où vous voulez aller, sellette légèrement du côté encore gonflé, et tenez le cap par une légère action de ce côté, jamais profonde ; une EN A se rouvre en général seule. Suivez les consignes.
- Impossible d'atteindre le terrain : choisissez tôt le terrain de secours — large, face au vent, loin des lignes, arbres et de l'eau ; prévenez le moniteur si la radio fonctionne.
- La voile ne vole plus et ne revient pas : lancez le secours (regarder – saisir – tirer – lancer), neutralisez la voile (tirez les deux élévateurs C ou avalez les freins, comme au jour 5), pieds serrés, préparez un roulé-boulé.
7. Un moment unique
Il y a une seconde dont presque chaque élève se souvient toute sa vie : la dernière foulée qui ne touche plus le sol, le bruit du vent qui change, et toute la vallée sous vos pieds. Quelques minutes plus tard, vous êtes debout sur le terrain, la voile derrière vous, le cœur battant encore, et le moniteur d'en bas est le premier à venir vous serrer la main.
Prenez quelques minutes pour savourer ce moment. Puis rassemblez votre voile et racontez le vol au moniteur tant que les détails sont frais : ce qui était bien, ce qu'il faut corriger. Le plus beau premier vol est un vol ordinaire, conforme au plan, sans rien à raconter d'autre que la joie.
8. Critères du premier vol solo
| # | Critère |
|---|---|
| 1 | Vérification complète, deux radios testées, contrôle croisé avec le moniteur |
| 2 | Gonfle, contrôle la voile et décide d'y aller ou non avant la ligne de décision (ligne d'arrêt) |
| 3 | Décolle en courant, sans sauter dans la sellette ; bras hauts si la voile bouge |
| 4 | S'éloigne du relief, contrôle la voile, s'installe correctement |
| 5 | Rejoint le terrain au cap donné par le moniteur et suit les consignes radio |
| 6 | Fait des 8 sous le vent pour perdre de l'altitude, vire face au vent au bon moment et arrive droit |
| 7 | Atterrit sur les pieds dans le terrain, affale, signale que tout va bien |
9. Après le jour 6
Le stage P1–P2 dure 5 à 7 jours (parcours type de 6 jours) ; les jours restants servent à voler davantage, consolider décollages et atterrissages, ou de réserve météo. P1–P2 est un niveau d'élève : aucun brevet n'est délivré. Pour un brevet, comptez environ 1 à 3 mois d'entraînement supplémentaire, surtout pour atterrir en autonomie, puis l'examen P3 directement ; voir le parcours P3–P4.
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La série du stage P1–P2 :
- Jours 1–2 : le travail au sol
- Jour 3 : slalom, affalage et pliage
- Jour 4 : premiers vols au treuil à bras
- Jour 5 : théorie, météo et simulateur
- Jour 6 : le premier grand vol (cet article)
Questions fréquentes
Un moniteur vole-t-il avec moi au premier vol solo ?
Non, vous volez seul. Mais jamais livré à vous-même : un moniteur au décollage vous guide pour partir, un autre à l'atterrissage vous guide à la radio pendant tout le vol.
Qu'est-ce que la ligne de décision (ligne d'arrêt) ?
Un repère que le moniteur vous montre sur la course. Avant, on doit avoir contrôlé la voile ; on interrompt si elle n'est pas bonne ou pas encore vue ; arrivé au repère avec tout en ordre, on est engagé et on court franchement jusqu'à l'envol.
Pourquoi deux radios ?
Pour ne jamais perdre le contact : les deux sont allumées sur le même canal : si la première est vide ou en panne, même en vol, vous entendez encore le moniteur sur la seconde.
Et si la météo n'est pas bonne au jour 6 ?
On ne vole pas. Travail au sol et simulateur ; le premier vol est reporté à une autre séance ou à un jour de réserve quand les conditions de la section 3 sont réunies.
Ai-je un brevet après le jour 6 ?
Non. P1–P2 est un niveau d'élève, sans brevet. Après le stage, environ 1 à 3 mois d'entraînement, puis l'examen P3 directement.
Ce livret Mebayluon couvre l'étape 5 et ne remplace pas la formation avec un moniteur. Pour réserver le stage P1–P2 à Khau Phạ : le stage de parapente P1–P2.









